BACK UP

« To back up » : littéralement, retourner en arrière, remonter le temps, mais aussi sauvegarder, en jargon informatique. C’est sous cette double injonction que se clôt Bribes, la trilogie consacrée par Haïm Adri au travail de la mémoire. Dernier volet de ce triptyque, Back Up questionne l’entrelacement problématique de l’individuel et du collectif dans la mémoire des Israéliens et des Palestiniens, irrémédiablement façonnée par l’histoire du conflit territorial. Back Up sonde l’immense difficulté, en Israël comme en Palestine, à se construire une parole, une mémoire singulière, dans un contexte politique où les enjeux collectifs – « l’inconscient communautaire », dit Haïm Adri – tendent à dévorer les trajectoires personnelles.

     Back Up se décline en 2 versions : l’une filmique, l’autre, chorégraphique. Pour les films H. Adri a pris le temps de laisser sourdre les souvenirs de 4 Israéliens et Palestiniens, au fil de longs entretiens. Accompagnant leurs témoignages, des images et des mouvements ont jailli, que les films travaillent et transposent. Back Up, la chorégraphie, part de ce matériau. Ses 4 interprètes ont laissé résonner en eux les souvenirs, les voix, les gestes des personnes filmées. Ils les mêlent à leur propre histoire pour, à leur tour, distiller et transmettre un vécu. Achevée au terme d’une résidence de création au CND, la version chorégraphique laisse douloureusement insister la question de l’espace, du partage du territoire. Circuler, aller vers l’autre, se rencontrer… voilà qui n’est ni simple ni fluide. Chacun des danseurs est enfermé dans sa solitude, à la fois protectrice et destructrice, chacun se débat avec sa souffrance et sa rage.

     Intense sans grandiloquence, Back Up témoigne de la peur, mais aussi du désir et de l’urgence, pour les artistes israéliens et palestiniens, de travailler main dans la main. Il s’agit d’inventer un horizon commun, un lieu de partage des sensibilités, humain avant d’être politique.

Durée films : 54 min

Durée pièce : 54 min

Back Up dans son plus simple appareil

Chorégraphie : Haïm Adri

Assistante à la chorégraphie : Muriel Adri

Danse : Rabeah Morkus – Yuval Goldstein – Saleh Bakri – Haïm Adri

Lumière : Edaàh Teoura

Costumes : Malhabes Beged

Couturière : Earlene Gazet

Décor : Rarad Hefetz

Création des œufs : Hannan Abu Hussein

Construction : Luc Lauga – Christian Boyssoux

Création sonore : Pascol Saout

Extraits musicaux :

I will survive – Gloria Gaynor , Lets call the whole thing off – Louis Amstrong et Ella Fitzgerald, Over the rainbow – judy garland, Que sera sera – line renaud muril kalam – cheikh imam wa habibi – faïrouz ha ounam – hava alberstein lo leheut po – deveck et des extraits de radio locales israéliennes et palestiniennes

merci à :

Tous ceux qui ont apporté leur soutien à ce projet et tout particulièrement à Juliette Patta-Touzia – Naïm Abead – Véronique Lecullé – Ofira Hening – Vadh Elyes – Amal Morkus – Mari-May Corbel – Clément Goguillot – Liora Zittoun – Nehama Goldstein – Oday Abukastro – Ronen et Josef Edri – Magali Gaudou …

Co-production : cie Sisyphe Heureux – Centre National de la Danse

théâtre Gérard Philippe de Champigny-sur-Marne – théâtre du Merlan, Scène Nationale de Marseille

Avec le soutien de :

la ville de Paris, l’AFAA, la ville de Champigny-sur-Marne, le Conseil Général du Val-de-Marne – l’Ambassade de France en Espagne, la DRAC Île-de-France, l’ADAMI, institut français en Israël, consulat de France à Jérusalem-est, la fondation Sitcovski, l’institut I.A.R.